Le nom « Nematocera » est issu du grec: « nema » (fil) et « keras » (corne), une référence aux antennes caractéristiquement longues et multiarticulées de ce groupe d'insectes. En tant que diptères, tous les moustiques ne possèdent qu'une seule paire d'ailes fonctionnelles. La seconde paire est réduite à des organes appelés haltères (ou balanciers), qui servent d'organes d'équilibre en vol. Leur développement suit une métamorphose complète : œuf, larve, nymphe et insecte adulte (imago). Les larves de la plupart des familles de moustiques vivent en milieu aquatique ou dans des substrats humides, ce qui explique le lien étroit de ce groupe d'insectes avec l'eau et l'humidité.

Moustiques en Suisse: habitat et répartition
Les moustiques sont omniprésents en Suisse et colonisent la quasi-totalité des milieux: des zones humides et cours d'eau aux forêts et jardins, jusque dans les habitations et les bâtiments. On recense en Suisse environ 35 espèces indigènes de moustiques piqueurs (Culicidae), auxquelles s'ajoutent trois espèces invasives d'origine exotique ainsi que de nombreuses autres espèces issues d'autres familles, comme les mouches papillons, les moucherons des terreaux et les tipules.
L'espèce la plus répandue et la plus connue est le moustique commun (Culex pipiens), qui se manifeste principalement durant les mois d'été dans les zones habitées en tant que nuisible classique. Le moustique tigre asiatique (Aedes albopictus) gagne cependant du terrain : d'abord établi au Tessin, il a depuis été détecté à Bâle, Genève et Zurich.
Les moustiques piqueurs sont liés aux eaux stagnantes et aux moindres accumulations d'eau en extérieur. Les autres familles occupent des milieux bien différents: les mouches papillons apparaissent toute l'année dans les pièces humides et les salles de bains, les moucherons des terreaux colonisent le substrat humide des plantes d'intérieur, et les tipules se développent dans les sols humides et les pelouses. Leurs adultes s'égarent fréquemment le soir dans les pièces éclairées.
De nombreuses espèces de moustiques se reproduisent rapidement. Quelques semaines suffisent souvent pour passer de l'œuf à l'insecte adulte. Dans des conditions favorables, cette capacité peut rapidement entraîner une prolifération massive. Leur dépendance étroite à l'eau et à l'humidité explique pourquoi les problèmes de moustiques surviennent surtout lors d'étés chauds et humides, à proximité de cours d'eau et dans les bâtiments présentant des défauts d'évacuation.
L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) coordonne, en collaboration avec l'Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH), l'Institut de microbiologie de la SUPSI au Tessin et d'autres services cantonaux, un programme national de surveillance des moustiques piqueurs invasifs. La propagation du moustique tigre est suivie systématiquement depuis 2003, et plusieurs cantons, dont le Tessin, Bâle-Ville, Genève et Zurich, mènent des programmes actifs de surveillance et de lutte.
Malgré leur rôle de nuisible et le risque sanitaire potentiel qu'ils représentent, les moustiques constituent un maillon important de l'écosystème en tant que source de nourriture pour les oiseaux, les chauves-souris, les amphibiens et les poissons. En Suisse, on rencontre différentes familles de moustiques dont le mode de vie et la proximité avec l'être humain en font des espèces particulièrement significatives. Leur identification correcte est déterminante pour une lutte ciblée et efficace.
Espèces de moustiques en Suisse
En Suisse, quatre familles de moustiques revêtent une importance particulière pour la lutte antiparasitaire. Elles se distinguent fondamentalement par leur habitat, leur potentiel de nuisance et les méthodes de lutte requises.
Les moustiques piqueurs (Culicidae) sont la seule famille dont les femelles se nourrissent de sang. Parmi eux, le moustique tigre asiatique, de plus en plus présent, est un vecteur potentiel de maladies. Les mouches papillons (Psychodidae) sont des nuisibles typiques des salles de bains et des pièces humides, où elles se reproduisent dans les canalisations encrassées. Les moucherons des terreaux (Sciaridae) infestent les plantes d'intérieur et peuvent causer des dégâts considérables par l'activité de leurs larves, qui se nourrissent des racines. Les tipules (Tipulidae), enfin, impressionnent par leur taille imposante, mais sont totalement inoffensives pour l'être humain. Leurs larves peuvent en revanche endommager les pelouses.
Moustiques piqueurs (Culicidae)
Les moustiques piqueurs sont la seule famille de moustiques présente en Suisse dont les femelles se nourrissent de sang. Elles ont besoin des protéines sanguines pour développer leurs œufs. Les mâles, en revanche, se nourrissent exclusivement de sève végétale et de nectar.
L'espèce de moustique piqueur la plus répandue en Suisse est le moustique commun (Culex pipiens). Avec une longueur corporelle de 5 à 7 mm, un abdomen brun foncé à bandes blanches et une trompe piqueuse caractéristique, il est facilement reconnaissable. Actif au crépuscule et la nuit, il vit en étroite association avec les zones habitées et hiverne fréquemment dans les caves ou les combles.
Les femelles déposent 200 à 300 œufs sous forme de petite « nacelle » à la surface des eaux stagnantes: tonneaux de récupération d'eau de pluie, flaques ou gouttières obstruées suffisent. Le développement de l'œuf à l'insecte adulte dure 10 à 20 jours selon la température. Le moustique commun peut, dans certaines conditions, transmettre le virus du Nil occidental; à ce jour, aucun cas d'infection locale n'a toutefois été enregistré en Suisse.

Moustique Tigre
Depuis quelques années, le moustique tigre asiatique (Aedes albopictus) fait les gros titres. Originaire d'Asie du Sud-Est, il a été détecté pour la première fois en 2003 dans le canton du Tessin. Depuis, il s'est largement établi dans les vallées de l'ensemble du canton et poursuit sa progression vers le nord le long des grands axes de communication, en particulier l'autoroute A2. Des populations plus réduites ont été signalées à plusieurs reprises à Bâle, Genève et Zurich. En août 2025, des œufs de moustique tigre ont été découverts pour la première fois à Zurich, dans les quartiers de Wipkingen, Industriequartier et Hirslanden.
Avec ses 0,5 à 1 cm, le moustique tigre est nettement plus petit que la plupart des moustiques piqueurs indigènes. Il se reconnaît à son motif contrasté de rayures noires et blanches sur l'abdomen et les pattes, ainsi qu'à une ligne blanche bien marquée sur le dos. Contrairement au moustique commun, le moustique tigre est actif de jour et se distingue par son comportement de piqûre particulièrement agressif. Il dépose ses œufs sur les parois de petites accumulations d'eau — coupelles de pots de fleurs, arrosoirs, seaux ou tonneaux de récupération d'eau de pluie. Les œufs résistent à la sécheresse et au froid, ce qui complique considérablement la lutte.
D'un point de vue médical, le moustique tigre est important car il est considéré comme un vecteur potentiel des virus de la dengue, du chikungunya et du Zika. Tous les cas de ces maladies signalés à ce jour en Suisse ont été contractés à l'étranger. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) estime actuellement le risque de transmission locale comme très faible, sans toutefois exclure des cas isolés. Notamment si des voyageurs infectés de retour au pays sont piqués dans des zones où des populations de moustiques tigres sont établies.

Outre le moustique tigre, deux autres espèces invasives de moustiques piqueurs sont présentes en Suisse : le moustique japonais (Aedes japonicus), détecté pour la première fois en 2008 et désormais répandu sur le Plateau suisse, ainsi que le moustique coréen (Aedes koreicus). Les deux espèces présentent des pattes postérieures rayées de noir et blanc, mais ne sont pas considérées comme des vecteurs de maladies importants. Le moustique japonais est sensiblement plus grand que le moustique tigre et privilégie les emplacements frais et semi-ombragés en lisière de forêt.
Moucherons des terreaux (Sciaridae)
Les moucherons des terreaux sont de petits moustiques noirs d'une longueur corporelle de 1 à 7 mm, dotés de longues pattes et antennes, et reconnaissables à leur vol caractéristique, titubant et « dansant ». Ils doivent leur nom allemand (Trauermücken, littéralement « moucherons de deuil ») à leur coloration uniformément sombre. Les adultes ne vivent qu'environ une semaine et ne s'alimentent pas durant cette période. Leur brève vie adulte est entièrement consacrée à la reproduction.
Les femelles déposent 50 à 300 œufs dans un terreau humide et riche en matière organique. Il en émerge des larves translucides et blanchâtres, mesurant jusqu'à 7 mm, dotées d'une capsule céphalique noire bien visible. Les larves se nourrissent de racines, de matière organique, d'algues et de champignons présents dans le substrat. Chez les plantes d'intérieur, elles peuvent causer des dégâts considérables — en particulier aux boutures, aux semis et aux jeunes plants, dont les racines fragiles sont endommagées par leur activité. Le cycle de développement complet dure environ trois à quatre semaines. En intérieur, les moucherons des terreaux sont actifs toute l'année.

Les moucherons des terreaux ne piquent pas et ne représentent aucun danger direct pour la santé des personnes ou des animaux domestiques. Ils pénètrent généralement dans les habitations par le biais de terreau infesté ou de nouvelles plantes en pot. Des plantes d'intérieur maintenues en permanence trop humides offrent des conditions idéales à une prolifération rapide.
Tipules (Tipulidae)
Les tipules sont les géantes parmi les moustiques : avec une longueur corporelle pouvant atteindre 4 cm et des pattes remarquablement longues et fines, elles impressionnent de nombreuses personnes. Cette crainte est cependant infondée. Les tipules ne peuvent pas piquer. Leurs pièces buccales sont uniquement capables d'absorber des liquides exposés à l'air libre, comme l'eau ou le nectar. L'idée répandue selon laquelle les tipules seraient de « gros moustiques piqueurs » est une erreur tenace.
À noter: en Suisse alémanique et dans certaines régions du sud de l'Allemagne, le terme «Schnake» désigne dans le langage courant les moustiques piqueurs — alors qu'au sens zoologique, il se réfère exclusivement à la famille des Tipulidae. Cette confusion linguistique n'existe pas en français, où les termes «tipule» et «moustique» distinguent clairement les deux familles.
De nombreuses espèces de tipules sont présentes en Suisse, parmi lesquelles la tipule des prairies (Tipula paludosa) et la tipule du chou (Tipula oleracea), toutes deux très répandues. Les adultes sont de couleur gris-brun, possèdent des ailes étroites et fortement nervurées, et se distinguent par un vol lent et maladroit. Ils sont particulièrement attirés par la lumière en soirée, ce qui les amène fréquemment à pénétrer dans les habitations.
Bien que les tipules adultes soient inoffensives, leurs larves (cylindriques, apodes, gris-brun et mesurant jusqu'à 4 cm, surnommées « vestes de cuir ») peuvent causer des dégâts sur les pelouses et dans l'horticulture. Elles vivent dans le sol et se nourrissent de racines de graminées et de matière végétale, provoquant par endroits des zones dénudées et brunies dans le gazon. La ponte a lieu en fin d'été et en automne, dans un sol humide. Les larves hivernent dans la terre et causent les dommages les plus importants au printemps.
Un cas particulier: les mouches papillons (Psychodidae)
Les mouches papillons (Psychodidae) font biologiquement partie, sans ambiguïté, des moustiques: elles appartiennent, comme les moustiques piqueurs, au sous-ordre des Nematocera. Au quotidien, on les reconnaît pourtant rarement comme des moustiques, car elles ne ressemblent pas à un moustique piqueur: elles sont petites, duveteuses et se posent sur les murs à la manière de petits papillons.
Pour la lutte antiparasitaire, ce n'est toutefois pas l'apparence qui compte, mais le gîte larvaire: alors que tous les autres moustiques se développent dans l'eau, dans le sol ou dans le gazon, les mouches papillons se développent dans le biofilm organique des canalisations et des tuyauteries. Cela nécessite une approche radicalement différente, c'est pourquoi nous consacrons un article à part entière aux moucherons-papillons.

Protection des animaux et des espèces
Contrairement à de nombreux autres groupes d'insectes, les espèces de moustiques indigènes en Suisse ne bénéficient d'aucun statut de protection particulier et peuvent être combattues sans restriction. Cela ne signifie toutefois pas qu'elles soient dépourvues d'importance écologique, bien au contraire. Les moustiques constituent une source de nourriture pour les oiseaux, les chauves-souris, les amphibiens et les poissons, et font partie intégrante du réseau trophique des milieux aquatiques et des sols. À tous les stades de leur vie, ils remplissent des fonctions importantes dans l'écosystème. Leurs larves contribuent à la décomposition de la matière organique dans les eaux, et les mâles adultes de nombreuses espèces jouent un rôle dans la pollinisation en tant que visiteurs de fleurs.
La situation est fondamentalement différente pour les trois espèces invasives de moustiques piqueurs: leur lutte n'est pas seulement autorisée, mais expressément souhaitée. Le moustique tigre asiatique est classé par les autorités fédérales comme espèce invasive indésirable, faisant l'objet d'une surveillance et d'une lutte actives. L'OFEV coordonne un réseau national de surveillance comprenant quatre centres de signalement régionaux, auxquels les découvertes suspectes de moustiques peuvent être annoncées.
Au Tessin, où le moustique tigre est largement établi, les autorités recourent, outre les méthodes conventionnelles, à des procédés innovants tels que la technique de l'insecte stérile : lors d'essais pilotes à Losone et Morcote, des moustiques tigres mâles stérilisés ont été relâchés afin de réduire le taux de reproduction de la population sauvage. C'est une approche qui, en cas de succès, pourrait également être déployée dans d'autres cantons.
Les réglementations cantonales relatives à la lutte contre le moustique tigre varient, mais plusieurs cantons ont défini des responsabilités contraignantes. Dans le canton de Bâle-Ville, par exemple, les communes sont responsables de la lutte sur le domaine public, tandis que les propriétaires, locataires et fermiers sont tenus d'éliminer les gîtes larvaires sur les terrains privés. Au Tessin, les communes assurent la lutte dans les collecteurs d'eaux pluviales. Les cantons de Bâle-Campagne, Zurich, Valais et Genève ont également mis en place des programmes cantonaux de surveillance et de lutte. Le Réseau suisse moustiques (SMN) offre un aperçu des compétences régionales et des centres de signalement.
Prévenir une infestation de moustiques
La prévention la plus efficace cible les gîtes larvaires de chaque famille de moustiques. Comme chaque famille est liée à un habitat différent, les mesures préventives diffèrent elles aussi fondamentalement: de la gestion de l'eau au jardin au bon arrosage des plantes d'intérieur, jusqu'à l'entretien du gazon.
Moustiques piqueurs et moustique tigre asiatique
Les moustiques piqueurs ont besoin d'eau stagnante pour se développer. Les plus petites accumulations d'eau suffisent pour servir de gîte larvaire à des dizaines de larves. De mai à septembre, tous les récipients en extérieur devraient donc être entièrement recouverts, régulièrement vidés ou nettoyés au moins une fois par semaine. Cela concerne les coupelles de pots de fleurs, les arrosoirs, les seaux, les tonneaux de récupération d'eau de pluie, les abreuvoirs pour oiseaux, les gouttières obstruées et les accumulations d'eau dans les bâches de couverture.
Le moustique tigre ne dépose pas ses œufs à la surface de l'eau, mais sur les parois intérieures des récipients au-dessus de la ligne d'eau. Il ne suffit donc pas de simplement vider les récipients. Les parois intérieures doivent en plus être frottées ou brossées afin d'éliminer les œufs adhérents. Des moustiquaires aux fenêtres et aux portes (maille de 2 mm au maximum) empêchent les moustiques de pénétrer dans les habitations.
Moucherons des terreaux
Pour les moucherons des terreaux, la clé réside dans l'arrosage : un terreau maintenu en permanence trop humide offre des conditions idéales pour la ponte et le développement des larves. Les plantes d'intérieur ne devraient pas être arrosées de manière excessive. Laisser sécher légèrement la couche supérieure du terreau entre les arrosages réduit considérablement l'attractivité pour les femelles prêtes à pondre.
Contrôler les nouvelles plantes et le terreau avant le rempotage permet d'éviter l'introduction involontaire de larves ou d'œufs. Une couche de sable ou de billes d'argile expansée à la surface du terreau peut constituer une barrière physique supplémentaire contre la ponte.
Tipules
Les tipules déposent leurs œufs dans les sols humides et leurs larves se nourrissent de racines de graminées. La prévention se concentre donc sur l'entretien de la pelouse. Maintenir le gazon court et éviter un arrosage excessif réduit l'attractivité du sol pour la ponte des femelles, en particulier en fin d'été et en automne, période principale de la ponte.
Contrairement aux autres familles traitées ici, les tipules adultes ne s'intéressent ni à la nourriture humaine ni au sang, mais sont simplement attirées par la lumière. Des moustiquaires constituent le moyen le plus efficace pour empêcher leur intrusion dans les habitations.
Reconnaître les moustiques et détecter une infestation
L'identification commence souvent non pas par l'insecte lui-même, mais par la situation: où le moustique apparaît-il, à quel moment de la journée, et comment se comporte-t-il? Ces observations en révèlent souvent davantage sur l'espèce qu'un regard furtif sur l'animal, et sont déterminantes pour le choix de la bonne méthode de lutte.
Les moustiques piqueurs, comme le moustique tigre asiatique, se manifestent par leur bourdonnement typique à haute fréquence : celui du moustique commun la nuit dans la chambre à coucher, celui du moustique tigre en journée au jardin ou sur le balcon. Des papules rouges et prurigineuses, qui se forment rapidement après la piqûre, constituent souvent le premier signe concret.
Le moustique tigre se reconnaît à son motif contrasté de rayures noires et blanches et à la ligne blanche caractéristique sur le dos. D'autres espèces invasives comme le moustique japonais peuvent toutefois présenter un aspect similaire. Une distinction fiable nécessite un examen attentif de la taille (moustique tigre seulement 5 à 10 mm, nettement plus petit que le moustique japonais) et des motifs sur les pattes postérieures.

En cas de doute, les spécimens suspects devraient être photographiés ou capturés et envoyés à un centre de signalement régional. L'alerte précoce est la clé pour endiguer de nouvelles populations.
Les mouches papillons se remarquent sous la forme de petits insectes sombres et au vol particulièrement paresseux, sur les murs de la salle de bain, dans les cabines de douche ou près des siphons de sol. Elles constituent un cas particulier, avec un gîte larvaire propre dans les canalisations; pour savoir comment les reconnaître à coup sûr et les combattre durablement, consultez notre article Mouches papillons & lutte contre les mouches papillons.
Les moucherons des terreaux se manifestent sous forme de petites mouches noires qui s'envolent du terreau lors de l'arrosage des plantes d'intérieur. Leur vol caractéristique, titubant et « dansant », les distingue des mouches à fruits, avec lesquelles ils sont fréquemment confondus. Des pièges jaunes collants plantés dans le pot de fleurs permettent de voir le degré d'infestation et constituent en même temps une première mesure contre les insectes adultes.
En cas de soupçon, il vaut la peine d'examiner le terreau : les larves translucides et blanchâtres, dotées d'une capsule céphalique noire bien visible, sont reconnaissables à l'œil nu en y regardant de près et constituent un signe sans équivoque d'une infestation active.
En raison de leur taille imposante et de leurs longues pattes fines, les tipules sont régulièrement prises pour des moustiques piqueurs dangereux. Cette confusion est encore renforcée en Suisse alémanique par l'usage familier du terme « Schnake » pour désigner les moustiques piqueurs. La distinction est pourtant simple : les tipules ont un corps gris-brun, des ailes étroites et nervurées, un vol nettement lent et maladroit, mais pas de trompe piqueuse. Elles ne causent aucun dégât dans la maison et peuvent être évacuées vers l'extérieur sans hésitation.

En revanche, quiconque remarque des zones dénudées et brunies par endroits dans la pelouse devrait rechercher des larves cylindriques et grises (« vestes de cuir ») dans le sol. C'est un indice d'une infestation de larves de tipules, qui cause les dégâts les plus importants au printemps.
Lutter contre les moustiques et les infestations de moustiques
Le principe vaut pour toutes les familles de moustiques : la lutte contre les gîtes larvaires est plus efficace et plus durable que la lutte contre les insectes adultes. Éliminer les moustiques en vol soulage les symptômes.
La cause d'une infestation se trouve cependant toujours au niveau du gîte larvaire. Ce n'est qu'une fois celui-ci identifié et éliminé qu'une infestation peut être maîtrisée durablement. Là où les remèdes domestiques et l'initiative personnelle atteignent leurs limites, le recours à une assistance professionnelle est la voie la plus efficace.
Moustiques piqueurs
La base de toute lutte est l'élimination systématique des accumulations d'eau stagnante. Sans eau, pas de larves ; sans larves, pas de descendance. Pour les gîtes larvaires qui ne peuvent pas être entièrement éliminés, tels que les regards de chaussée, les collecteurs d'eaux pluviales ou les biotopes, les autorités de plusieurs cantons suisses utilisent le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti). Il s'agit d'un larvicide biologique hautement spécifique contre les larves de moustiques piqueurs et inoffensif pour les autres organismes, les êtres humains et les animaux domestiques.
Pour la protection individuelle, les répulsifs (sprays antimoustiques) offrent une barrière efficace ; les produits testés portent le label de qualité du Swiss TPH. Les pièges à moustiques fonctionnant au CO₂ et aux substances odorantes imitant le corps humain peuvent localement réduire la densité de population en extérieur. Leur efficacité dépend toutefois fortement d'un positionnement correct et de l'élimination systématique des gîtes larvaires dans les environs.
Moucherons des terreaux
En cas d'infestation légère, des pièges jaunes collants contre les insectes adultes et un assèchement systématique de la couche supérieure du terreau entre les arrosages suffisent. Pour une lutte efficace contre les larves, des produits à base de nématodes (Steinernema feltiae), mélangés à l'eau d'arrosage, sont recommandés. Ces vers filiformes microscopiques pénètrent dans les larves et les parasitent en quelques jours. Le procédé est entièrement biologique et inoffensif pour les êtres humains, les animaux domestiques et les plantes.
En cas d'infestation sévère, du Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) peut être utilisé en complément sous forme de traitement par arrosage. Un rempotage dans du terreau frais et exempt d'infestation accélère l'assainissement, mais ne remplace pas le traitement de la cause : sans adaptation des habitudes d'arrosage, l'infestation se reproduira rapidement dans le nouveau terreau.
Tipules
Dans la maison, il suffit de capturer ces insectes inoffensifs ou de les guider vers l'extérieur par une fenêtre ouverte. Une lutte contre les tipules adultes n'est ni nécessaire ni judicieuse. La situation est différente en cas de dégâts sur la pelouse causés par les larves de tipules : des nématodes (Steinernema carpocapsae) peuvent être appliqués sous forme de traitement par arrosage sur les surfaces de gazon concernées.
Le moment idéal est le début de l'automne, lorsque les jeunes larves fraîchement écloses sont encore petites et particulièrement vulnérables. Au printemps, quand les larves sont déjà plus grandes et plus résistantes, l'efficacité diminue nettement. Une tonte régulière et un arrosage modéré rendent le sol moins attractif pour la ponte.
Certaines situations exigent un soutien professionnel: infestation persistante ou étendue, moustiques piqueurs à l'extérieur ainsi que problèmes récurrents malgré les mesures prises soi-même. Dans ces cas, il est recommandé de faire appel à des professionnels de la lutte antiparasitaire. Ils disposent de l'expérience et des moyens nécessaires pour repérer les gîtes larvaires cachés, mettre en œuvre des procédés ciblés et empêcher durablement une nouvelle infestation.
FAQ sur les moustiques et la lutte antimoustiques
Vous trouverez ici des informations sur les questions et problèmes fréquents.
